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‘Ya pas à dire, les telcos pourraient faire mieux

Mon dernier billet à propos du fait que les compagnies de télécommunications québécoises n’offrent ni plans ni machines satisfaisantes pour surfer sur le Web a suscité de très longs commentaires.

Pour ceux qui ne les ont pas lus, voici un petit résumé:

  • Nathalie, Sébastien Provencher et Cédric nous ont partagé leurs trucs pour accéder à Internet à peu de frais lorsqu’ils sont en déplacements;
  • Cfd, Graeme et Christian déplorent également l’offre déficiente de plans data pour les cellulaires, puisque le Wi-Fi n’est pas assez étendu pour qu’un appareil mobile qui peut s’y connecter il suffise à nos besoins;
  • Bertrand Duperrin nous nargue ;) en nous racontant à quel point il est chanceux en France avec son iPhone et son plan Internet illimité qui le gardent connecté en tout temps.

Également, Christian a apporté d’autres angles à discussion quant à la conduite inacceptable des compagnies de télécommunications. Il dénonce leurs pratiques irrespectueuses envers leur clientèle en les informant mal et en tentant de les obliger à rester avec elles. Je n’avais pas couvert ces aspects du sujet (quoiqu’il soient tout aussi frustrants), mais je suis d’accord avec Christian et je pense que son argumentation vaut la peine d’être lue.

Je recopie donc ici l’essence de ses propos, avec sa permission. L’ordre des idées a été un peu modifié pour regrouper le tout en deux parties.

Les mauvaises surprises

ou: La piraterie commerciale

Là où je blâme les telcos sans fil canadiens, en revanche, c’est quand j’entends des histoires d’horreur d’élèves du secondaire qui se ramassent avec une facture astronomique pour avoir téléchargé quelques chansons… sans qu’on les ait proprement informés des coûts de bande passante que cela entrainait. [...]

(1) À l’achat, la connexion Internet d’un sans fil devrait *toujours* être désactivée. Pour l’activer, il faudrait placer un appel au service à la clientèle, selon le principe du “opt-in”, être dûment informé de la tarification, puis répondre “oui” à un SMS qui dirait, par exemple: “Acceptez-vous la tarification Internet qui vous a été exposée en détail par notre employé le 11/11/2010 à 18h?”. Du coup, il y aurait beaucoup moins de litiges!

(2) Lors du téléchargement d’un gros fichier offert ou acheté en ligne, le coût du transfert devrait être inclus dans le prix affiché. Du coup, il n’y aurait plus de mauvaise surprise!

Il est inconcevable que les bataillons de “marketeurs” et du service client des compagnies laissent perdurer cette situation sans savoir très clairement les conséquences qu’elle a sur leurs clients les plus naïfs. Voilà pourquoi je considère que l’ouverture d’Internet par défaut, sur les appareils vendus part les Telcos, sans procédure de “opt-in”, et avec une information très mal transmise aux clients (quand elle l’est) est un acte hostile et malhonnête qui s’apparente à de la piraterie commerciale.

Contraindre plutôt que fidéliser

ou: La prise d’otage

En ce qui concerne les pratiques contractuelles et les appareils “bridés” à un seul fournisseur, ce sont pour moi des situations également inacceptables.

Pourriez-vous imaginer des autos revendues par Petro-Canada et ne fonctionnant qu’avec de l’essence de cette marque? Oui, me direz-vous, si on vous donne cette auto pour le quart de son prix (voire gratuitement), comme c’est le cas pour certains appareils mobiles. D’accord, vous répondrais-je, mais alors donnez-moi un accès facile à un appareil non bridé que je peux payer au coût réel et sans “en prendre” pour trois ans.

Or, tout le chantage est là. Aujourd’hui, il est pratiquement impossible (sinon, dites-moi comment) d’acheter, à Montréal, un appareil frais sorti d’usine qui n’a pas été trafiqué par un telco ou l’autre. Pire: les prix super-alléchants (téléphone gratuit, iPhone à 300$…) des offres commerciales vous obligent à signer un contrat de 3 ans pendant lesquels vos conditions sont gelées, ce qui vous empêche de bénéficier des bénéfices de la concurrence et de l’évolution du marché. Ça, j’en conviens, ce n’est pas de la piraterie. C’est de la prise d’otage.

[...] Tout ceci est honteux de la part d’entreprises qui se prétendent vertueuses, au service des consommateurs, et qui exigent une déréglementation “pure et dure” pour “favoriser la concurrence” alors qu’elles se livrent aux pratiques sauvagement anticoncurrentielles précitées.

Wow Christian! Quel verbe! J’appuie intégralement ta prise de position. Repasse par ici quand tu veux.

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Telus, Rogers, Bell Mobilité, Virgin, Fido et Vidéotron n’ont pas pensé aux utilisateurs tels que moi

Peu à peu, on se dirige vers un monde où le cellulaire sera le centre de contrôle des télécommunications et de la vie virtuelle. Justement, Benoît Meunier me soulignait cette semaine via Twitter l’importance de se familiariser dès aujourd’hui avec les appareils mobiles afin d’en connaître les limites et d’entrevoir les possibilités.

Il y a quelques jours, une convergence de circonstances m’a amenée à devoir m’acheter un nouveau cellulaire et, par la même occasion, prendre un nouveau plan. Je me suis dit: «pourquoi pas en profiter pour aller chercher quelque chose qui me permette d’être branchée en tout temps?»

C’est donc armée de bonne volonté et d’un bon budget que j’ai entrepris de trouver la machine et le “plan data” de mes rêves… Constatation: allongez les $$$ si vous voulez vraiment faire de votre cellulaire un centre significatif de vos échanges avec le monde.

La dure réalité

Disons-le: l’Internet via un mobile, ça coûte cher. Au Québec, à part Telus pour 45$, aucun opérateur n’offre de l’Internet illimité à un tarif mensuel abordable. Par contre, les téléphones de Telus ne fonctionnent pas partout dans le monde; une contradiction en soi avec le «côté mobile»…

Bon, quand on n’exige pas que ce soit illimité, il y a Rogers qui offre un Gig par mois pour ceux -et seulement ceux- qui ont le iPhone (qui est aussi wireless…!). Sinon, quelques-uns offrent des plans data de 1 Go pour 65$.. mais avec des frais de dépassement de cette limite qui font franchement peur.

Mais pensons-y: à ce 65$, il faut ajouter avec les frais de téléphonie (parce que c’est un téléphone pardi!), de boite vocale et d’accès au réseau, on s’en sort difficilement en bas de cent dollars avant les taxes! Et cela n’inclut pas les appels excédentaires (selon le plan choisi, on a un certain nombre d’appels sortants d’inclus), les interurbains, l’utilisation de services (tels qu’envoyer des photos ou faire un appel vidéo) ou même parfois les SMS. Aïe, aie, aïe!

Et je ne parle même pas des fameux «roaming charges», ces frais de location de réseaux lorsqu’on est hors de son pays…

Potentiel d’utilisation ne veut pas dire utilisation

Autre point: advenant que je me satisfasse d’un des plans qui me sont offerts et que j’accepte d’allonger les billets verts, il faut encore trouver une machine pensée en fonction de se promener sur la toile (ergonomie physique et logicielle, rapidité). Et ça, pour en avoir essayé une bonne douzaine, il y en a pas tant que ça.

Pensons-y: si je paie pour un plan qui me permette de naviguer, il faut que ce soit agréable quand je navigue, sans quoi je vais essayer d’éviter de l’utiliser. Pourquoi payerais-je aussi cher pour un service que je n’utiliserais pas?

Et c’est là où ça fait mal.

C’est difficile d’avoir un plan ET une machine qui permettent de se promener sur le Web et de faire efficacement plusieurs opérations basiques telles que le courriel, la messagerie instantanée et quelques médias sociaux populaires (Facebook, par exemple).

Bref, pour ceux qui rêvent d’emporter leur cellulaire en weekend tout en laissant l’ordinateur à la maison et de ne pas trop le ressentir, ce n’est pas avec un compte avec une compagnie québécoise que ça se passera.

En tout cas. Tout ça me frustre.