Lundi, juin 9, 2008
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Testament: avez-vous pris des dispositions pour votre identité virtuelle?
Il y a peu de temps de ça, l’amie d’un ancien camarade de classe s’est suicidée. Dévasté par la nouvelle, il écrivit alors sur le compte Facebook de son amie décédée à quel point il l’aimait et qu’elle lui manquerait. Ça m’a bouleversée de lire ça. La jeune femme était morte, mais son Facebook, lui, vivait.
À ceux qui cultivent quasi quotidiennement leur identité virtuelle, avez-vous pensé au fait qu’à moins d’interventions d’une tierce partie, que celle-ci persistera malgré votre disparition? Et encore là, il y a les archives Internet…
Un billet post[hume]
En janvier dernier, Ange nous racontait justement l’histoire de ce soldat américain décédé alors qu’il était en mission au Moyen-Orient. Il avait préécrit un dernier billet et avait demandé à un ami de le publier, advenant qu’il meure au combat. Cela nous amène à la question suivante: lorsqu’on a entretenu une vie virtuelle, est-ce réellement possible de cesser de l’entretenir? Sans quoi, c’est l’équivalent d’être mort, non?
Natacha de chez Memoirevive.tv faisait la même réflexion:
Nos identités numériques sont fixes ou mouvantes. Le réseau de contacts que l’on tisse à travers une plateforme n’a parfois aucun autre moyen de communiquer avec vous que par ce biais. En fermant les portes, vous coupez avec ceux qui étaient vos relations, comme si vous quittiez un pays pour un autre : pour elles, vous mourrez.
Je vais bien
Dernièrement, j’ai cessé de publier. Par surcharge de travail, parce que j’ai connu quelques tribulations personnelles, mais surtout par panne d’inspiration. Eh oui, ça arrive aussi aux blogueurs. Mais le fait que je cesse mes activités en a inquiété certains; même que des blogueurs, que je ne côtoie pratiquement que par blogues interposés m’ont écrit des courriels pour s’enquérir de mon état. Je ne suis pas décédée, mais pour ceux qui n’ont comme lien avec moi que la lecture de ce blogue, c’est exactement la même chose.
Cela m’amène à me demander si on ne devrait pas tous inclure une «section identité virtuelle» à notre testament. Dans mon cas, elle inclurait, par exemple, les codes d’accès à mon blogue et à mon Facebook, et peut-être même une petite lettre de remerciement pour les bons moments passés ensemble… Car si je décédais demain d’un accident de voiture, le sauriez-vous? Certes, j’ai des amis branchés qui en parleraient peut-être. Mais MES canaux de communications virtuels habituels sont sécurisés. Théoriquement, personne n’y a accès. Et ce serait bête que l’un d’entre vous l’annonçait en commentaire d’un de mes billets, non? …surtout si son commentaire doit attendre la modération! ;P
Blagues à part, l’efficacité des canaux de communication virtuels me pousse à croire qu’il serait fou de ne pas les utiliser… même pour y publier un mot d’adieu.
Pourquoi pas?
Je termine en citant Ange: «L’idée de publier son testament philosophique (puisqu’Andrew Olmsted y résume sa vision de la vie, de l’engagement ou encore de la liberté individuelle) sur un blog est inattendue. À moins que je fasse erreur, je n’avais jamais entendu parler d’une telle idée auparavant.» Pourtant, je suis certaine que cette funeste pratique deviendra aussi incontournable aux yeux de certains que le préarrangement funéraire l’est pour d’autres…
Et vous?
Avez-vous pris des dispositions pour votre identité virtuelle?
Si ce n’est pas le cas, cela vous semble-t-il une idée raisonnable?
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