Ça fait plusieurs fois qu’on me le demande, alors je publie ici une liste des billets que j’avais écrits lors du Congrès «Web participatif : mutation de la communication?».
Denis Martel de chez Nurun Québec vient d’embarquer sur Twitter et il me demandait comment on pouvait utiliser cet outil sans avoir l’air «twit». Voici ce que je lui ai répondu…
Ce qu’on peut faire sur Twitter
répondre à la question “what are you doing now?” (rappelez-vous le super vidéo de Commoncraft!)
reprendre son statut facebook
inviter les gens à lire ce que tu viens d’écrire sur ton blogue
inviter les gens à aller voir quelque chose que tu as trouvé intéressant
raconter une histoire en 140 caractères (un exemple)
J’avais déjà essayé de déterminer à quel point les blogs et Twitter sont des espaces de conversation parallèles ou s’ils sont des vases communicants (voir ici et ici). Petite histoire personnelle qui illustre bien que ce sont différents canaux de communication.
Question de commencer avec une anecdote, Stéphane Guérin me commentait jeudi soir dernier qu’il avait l’impression de me «voir» partout: sur son Facebook, dans ses courriels, sur les blogues, etc… J’avais répondu en riant qu’il exagérait.
Mais qu’est-ce que je fous là?!
Ironiquement, cet après-midi, alors que je lisais tranquillement mes flux RSS, que vois-je? C’est une image qui vient appuyer un billet sur All Facebook à propos d’une méthode pour avoir un avant-goût de la fonction bavardage.
[Info pour ceux et celles qui ne sont pas abonnés à mes messages Twitter, Isatruc est le pseudonyme que j'utilise (là et généralement partout sur le Web). ]
Mais pourquoi donc Nick O’Neill de All Facebook a-t-il une image avec mon nickname dessus?! J’ai d’abord eu un excès d’imagination en me demandant sur le coup si c’était un passe-passe de programmation, si tous les internautes qui utilisaient un Twitter étaient reconnus et qu’on utilisait leur identité pour les interpeller… Et alors que je me demandais comment on pouvait bien faire ça, j’ai réalisé que ce n’était qu’une image.
Le mystère restait donc entier: quand est-ce que ce gars que je ne connais pas avait bien pu m’écrire sur Twitter, puis que ça apparaisse sur son statut Facebook? Et s’il m’a écrit, comment ai-je pu rater ça?
La résolution du mystère
Voyez-vous, je lis les discussions d’un certain biznickman sur Twitter et on se jase de temps à autre. J’ai décidé de le suivre, car j’aimais sa conversation. Puis, son Twitter m’a redirigée vers son blogue, que je consulte de temps à autre. Mais jamais je n’avais fait de lien biznickman —> All Facebooktant les contextes sont différents! En d’autres mots: le blogueur et le «twitteur» avaient l’effet de deux identités séparées.
Quant au message, je ne l’avais tout simplement jamais vu… une chance que j’ai lu son billet, je peux maintenant lui répondre sur Twitter!
Est-ce que la conversation est en train de se diluer sur de multiples services et applications ou faut-il voir ce déplacement comme une couche supplémentaire à la conversation originale ? Le micro-blogging, dont Twitter est le fer de lance, est-il en train de prendre le pas sur le blogging ?
La vidéo que je vous ai postée ce dimanche vous a laissé sur votre faim? Laissez-moi vous rassasier un peu.
Claude m’a fait remarquer que j’avais raté l’un de ses billets à ce sujet. (Comment et-ce possible!) C’est un billet très complet et très très intéressant, car il explique la portée du projet. Je vous en copie ici un extrait, mais je vous suggère d’aller lire le reste pour avoir une bonne idée du contexte autour.
Le but initial est louable : Permettre aux utilisateurs de faire ce que réclamait à grands cris Mark Canter à LeWeb3 à Paris : Permettre aux utilisateurs de posséder leurs données personnelles sur le Web social 2.0 et de pouvoir les «scraper» d’un site à l’autre, soit une sorte d’Open Social Initiative pour utilisateurs.
Serez-vous alors surpris d’apprendre que le Data Portalility Initiative possède son Google Group et son groupe Facebook… Mais surtout que Google et Microsoft sont maintenant des membres actifs, de même que plusieurs autres gros joueurs du Web 2.0 comme LinkedIn, Digg, Mozilla, Twitter, Flickr, SixApart, et… Facebook !!! Ce qui a eu l’effet d’une bombe dans le milieu.
Commençons par une vidéo de Loic Le Meur, qui traite de la relation que pourraient entretenir les marques avec leurs consommateurs, si elles utilisaient [plus/mieux] les médias sociaux:
Maintenant, deux choses:
Au-delà de l’application directe dans Seesmic, effectivement, il y a de quoi se poser la question. Les plateformes collaboratives telles que Facebook, YouTube, Twitter, My Space et autres sont des endroits où les utilisateurs créent du contenu sans censure et où ont lieu des discussions sur tout et rien, dont les marques.
En étant à l’écoute, les marques ont accès à des informations non censurées. De même, en sachant utiliser les sites collaboratifs, elles ont accès à très peu de frais à des consommateurs qui sont habitués d’être eux-mêmes un média.
Rapidement, le marketeur avisé se rendra compte que si ces discussions libres et spontanées ont une forte valeur à ses yeux parce qu’elles sont sincères, les autres interlocuteurs apprécient tout autant que ces propos n’aient pas été prémâchés… Il faut comprendre que le bouche-à-oreille n’a lieu que lorsqu’on a l’impression que les informations communiquées sont réelles et qu’on a aussi voix au chapitre.
Comme Loic le dit, il a été traité comme un VIP. Un peu comme cette histoire entre Jean-François Mercier et Bell Mobilité (voir ici, mais surtout ici). Quand une personne a beaucoup d’influence dans les médias sociaux, elle a autant d’importance qu’une vedette ou un personnage politique: c’est un leader d’influence. On gagne à la contenter, car lorsqu’elle est satisfaite, tout le monde le sait.
C’est bien beau, mais ce n’est pas suffisant.
Pour l’instant, les marques commencent à ressentir l’importance de considérer les médias sociaux dans la gestion de leur image. Cependant, elles les utilisent comme elles utilisent les médias traditionnels! C’est aussi insensé que si on avait voulu, à l’avenue de la télévision, y présenter des spots publicitaires radio.
Il se passe la même chose quand j’utilise une plateforme collaborative pour donner des cadeaux aux personnes ayant la plus forte audience ou que je profite du trafic de cette plateforme pour transmettre un message et espérer que ce sera bien reçu! Oubliez les techniques utilisées dans les médias de masse ou le schéma de Katz and Lazarsfeld… vous pouvez faire mieux!
Bon ok: les idées de Katz et Lazarsfeld ne sont pas désuetes pour autant… il est vrai qu’un leader d’influence est susceptible d’avoir plus de relations et d’accélérer le bouche-à-oreille. Je me rappelle entre autres avoir déjà écrit un billet sur une campagne qui utilisait ce principe…
N’empêche que si on veut utiliser les médias sociaux, il est beaucoup plus audacieux de viser tous les utilisateurs d’un même réseau, et non pas seulement ceux que l’on juge les plus importants. Comme je l’ai dit plus haut, le bouche-à-oreille n’a lieu que lorsqu’on a l’impression que les informations communiquées sont réelles et qu’on a aussi voix au chapitre. Et de nos jours, la force du bouche à oreille est telle qu’elle peut surpasser (ou même annuler!) une opération marketing ou une grosse campagne de pub.
Gare aux galvaudeux
Galvaudeux: Personne misérable qui vit d’expédients (définition d’Antidote RX).
Beaucoup trop d’agences de publicité se disent “Web 2.0″ parce qu’elles utilisent les médias sociaux. Pourtant, elles ne comprennent pas les principes qui en sont les fondements. Mais pouvez-vous me dire –et je me répète– à quoi ça sert d’utiliser les nouveaux médias quand on pense encore comme dans les médias traditionnels?
À mon sens, la grande idée d’une stratégie marketing n’est pas tant dans le choix d’un nouveau média que dans la façon dont on va l’utiliser.
En résumé
L’utilisation de l’expression “Web 2.0″ n’est pas seule à être galvaudée; les concepts marketing qui y sont rattachés le sont tout autant.
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